Artist Statement:

Cutout

My name is Joanathan Bessaci Ribaillier. I am a French artist who was born and raised in Lyon, France.

I began my career as a painter in my early twenties. It was in 2004, after visiting New York City, that I first became interested in paper cutting. At the time, I created three pieces, however, I continued to focus on my painting and did not return to paper cutting until 2012 when my wife was pregnant. In 2012, I started by cutting stickers which I placed in various cities that I visited that year. Also in 2012, I went back to Lyon, where I rediscovered my old Michelin maps. I began to cut portraits into them, which I have been doing ever since.

I presently work with old Michelin maps dated from roughly 1920 to 1970. I use old French Michelin maps because I like their color and texture but also because for me, they symbolize the roads that various family members have taken to get to France. My maternal grandmother emigrated to France from Vietnam and my paternal grandfather emigrated to France from Kabylia (Northern Algeria). I myself moved to Washington D.C. from Paris in August, 2016.

I was also drawn to old French Michelin maps because I have been surrounded by objects like them since I was a child. Both my father and grandfather have stands in Lyon’s largest flea market and I spent long hours there as a child and adolescent. Many of the maps that I use come from Lyon’s flea markets and others throughout France.

My work presently consists of cutting portraits and other images into several maps. I chose my maps very carefully and try to integrate their geography, including lakes, rivers, oceans, roads, highways, parks and city centers into my images to highlight certain visual elements. Each of my pieces is made up of multiple maps which I cut out and layer on top of each other in between pieces of glass to create depth and texture.

I have shown my work in Lyon, Grenoble, St. Etienne, Paris, Boston, Washington D.C. and Montreal.

Cutout

Au commencement il y a la silhouette qui apparaît entre des cartes routières découpées.

Elle est directement identifiable : une danseuse, un animal, un cœur, un visage.

Mais il faut avoir la curiosité de s’approcher afin de percevoir toute la richesse et la complexité de ces œuvres, de découvrir cet univers de cartes routières ciselées, superposées entre des plaques de verre sur plusieurs épaisseurs, d’apprécier tout ce travail de découpage et d’ajustement des différentes couches de papier, de plonger dans les strates successives, d’admirer le passage d’un étage à l’autre : C’est un travail absolument étourdissant de précision.

La sélection entre l’ombre et la lumière, entre le vide et le plein est rigoureuse, dessinée au cordeau, créant un vertige mêlant « la forme et le sens » pour reprendre les termes de l’historien d’art Jean Louis Ferrier Ce sens, c’est un appel au souvenir, a la migration, au voyage, à nos racines.

L’utilisation de vieilles cartes n’est pas anodine, ce média ancien fait revivre une partie de notre histoire, que la jeune génération ne connaîtra pas. C’est un travail autour de la mémoire et de l’oubli Joanathan parle de son histoire, de sa vie aux états unis, de ses origines, du voyage de ses grands parents venus d’une colonie française, d’où l’emploi de cartes françaises.

Il parle également de notre histoire, de celle du monde dans lequel nous vivons, un univers multiculturel.

La signification de la carte n’en est que plus profonde : La carte nous relie, elle nous oriente.

Elle est utilisée ici comme un moyen symbolique d’unifier l’humanité. Il n’y a plus de couleur, ni de race, mais une seule espèce humaine. C’est un appel à la paix des peuples, c’est sa vision de l’évolution.
Les cartes « Michelin », sont de fantastiques motifs graphiques, avec elles il évoque le système nerveux ou le réseau sanguin et le souvenir de ces vieux albums anatomiques.

Les évider de manière sélective est un long travail, quasi hypnotique, qui nécessite une déconnexion de ce qui nous entoure.

Il ne voit pas les cartes comme un endroit géographique précis mais les envisage d’une manière plus large : Il n’est pas intéressé par une localisation, c’est la route qui l’intéresse. Dans la route Il voit la vie, la route est le reflet de notre vie, et c’est là que le travail prend tout son sens : les superpositions sont tous les chemins que nous avons pris et les parties retirées correspondent aux choix faits, à nos actes manqués, à nos erreurs ou à nos réussites

« Tout choix est un renoncement » cette assertion, attribuée à André Gide, reflète le travail de Joanathan. Son art est traversé par le souvenir et il est chargé de nostalgie, mot d’origine grecque que l’on pourrait traduire par « la douleur d’un impossible retour ». N’est-ce pas ce sentiment de spleen, qui nous est présenté ici ? n’est-ce pas une méditation sur nos vies qui nous est offerte ?

Bernard Loubert